Nous accueillons le chercheur Robert Tiers parmi nos Chevaliers

Robert Tiers et Guy Boulianne devant le tableau de Nicolas Poussin (Avignon, 1997)

Robert Tiers et Guy Boulianne devant le tableau de Nicolas Poussin (Avignon, 1997)

Nous sommes très heureux et honorés d’accueillir en tant que Chevalier au sein du Royaume de Nova Francia, Monsieur Robert Tiers, chercheur et historien d’art, célèbre à travers la France et l’Europe pour la minutieuse enquête qu’il a réalisée autour du tableau “Le Jardin des Hespérides”, qu’il attribue avec raison au grand maître du XVIIe siècle, Nicolas Poussin. Son enquête dure depuis quarante ans. C’est en 1997 que le fondateur du Royaume de Nova Francia, le prince Guy de Boulianne, rencontra pour la première fois Robert Tiers à Avignon, avec qui il entreprit une très longue correspondance jusqu’à ce jour.

En 1975, “le 3 novembre” précisément, se souvient Robert Tiers, à la foire des antiquaires de Toulouse, dans le désordre d’un stand de ferronnerie, un tableau le “happe”. Un paysage bucolique sous un soleil couchant. Assis dans l’atelier de restauration de son fils, à Paris, où “le Jardin des Hespérides”, comme il l’a baptisé, est entreposé, Robert Tiers, 81 ans, en est toujours convaincu : la toile est l’œuvre de Nicolas Poussin, le grand maître du XVIIe siècle auquel le Louvre lui a consacré une rétrospective en 2015. “Je l’ai prouvé”, affirme-t-il. Une thèse que les experts n’ont à ce jour ni confirmée ni invalidée…

Pour cela, il a frappé aux portes de dizaines de conservateurs et d’experts, s’est fait ouvrir les réserves des musées pour comparer son paysage, a passé des mois à la bibliothèque, et s’est plongé dans la vie de Poussin et des peintres qui l’entouraient. Ses proches ont vécu au rythme de cette recherche obsessionnelle, dont il a fini par faire un livre.

En 1975, donc, quand il découvre le tableau, sur le cadre de bois doré, une plaque de cuivre indique “Nicolas Poussin”. “Je n’étais pas spécialiste de ce peintre. J’ai pensé que c’était une belle copie”. Il emporte le paysage pour 8.000 francs (1.220 euros).

Au cours de ses lectures, il tombe sur des écrits de l’époque mentionnant un paysage “exécuté vers 1656-1659 par Nicolas Poussin pour Le Brun, le peintre de Louis XIV, dont le lointain est si beau, si bien représenté qu’il y fait paraître plus de lieues de chemin qu’on ne pouvait en parcourir en un jour”. Ce tableau n’a jamais été identifié avec certitude. Seul fait avéré : François Verdier, un des élèves de Le Brun, a hérité des biens de son maître en 1699. Cette fameuse toile faisait-elle partie de la succession ? Robert Tiers part de cette hypothèse et va tenter de la vérifier (lire : Caroline Brizard, Un tableau de Poussin découvert chez un ferronnier ?, L’Obs du Soir, 18 mai 2015).

A ce jour, le lien entre le paysage peint par Poussin pour Le Brun et “le Jardin des Hespérides” de Robert Tiers n’a jamais été officiellement validé. Le livre dans lequel Robert Tiers retrace sa minutieuse enquête est pourtant en vente à la boutique de l’exposition du Louvre. Une forme de reconnaissance, malgré tout.

La patte d'ours, symbole des rois UrsusInsatiable, Robert Tiers poursuit ses investigations. Il est indéniable que ce tableau de Nicolas Poussin, “le Jardin des Hespérides”, est directement lié à Rennes-le-Château, dans l’Aude. En effet, ce tableau est une représentation quasi identique de l’ancienne Rhedae vue du village de Espéraza, avec le Pech de Bugarach situé en arrière-plan. Ce tableau est incontestablement une oeuvre ésotérique qui révèle les secrets liés au trésor graélique et à la lignée du Roi Perdu, d’ascendance wisigoth-mérovingienne et davidique. Nicolas Poussin dont la devise était « Tenet Confidentiam » (je détiens le secret), camoufla judicieusement des symboles révélateurs dans son tableau en dédoublant son paysage. Comme l’écrit l’auteur Jean-Michel Place, il a utilisé le procédé de l’anamorphose en miroir plat dans le tableau qui nous concerne.

Les anamorphoses à miroir permettent grâce à l’interposition d’un miroir cylindrique ou conique de faire apparaître une image qui est la réflexion d’une image déformée conçue à cet effet. L’image déformée est peinte sur une surface plane autour d’un emplacement prévu du miroir ; ce n’est qu’en y installant le miroir que l’image apparaît non déformée sur la surface de celui-ci. Parmi les peintres qui ont utilisé l’anamorphose, on peut par ailleurs citer Félix Labisse ou Salvador Dalí.

Nous retrouvons aussi dans le tableau plusieurs symboles subtilement dissimulés, que l’on peut apercevoir à l’oeil nu avec une attention minutieuse. Entre autres symboles, on peut y voir dans le coin inférieur droit un personnage habillé de rouge et tenant dans sa main gauche un bâton de pèlerin. Or, en y regardant de plus près, nous constatons que la main du personnage n’est pas du tout une main humaine, mais plutôt une patte d’ours, symbole des rois Ursus, descendants des rois Sicambres (wisigoth, mérovingien et davidique). La patte d’ours est un symbole de puissance et un emblème royal.

Comparaison entre le village de Rennes-le-Château vu à partir de Esperaza, et le tableau de Nicola Poussin “le Jardin des Hespérides”.

Comparaison entre le village de Rennes-le-Château vu à partir de Esperaza, et le tableau de Nicolas Poussin “le Jardin des Hespérides”.

À propos de Rennes-le-Château

François Mitterrand lors de sa visite à Rennes-le-Château, le 2 mars 1981.

François Mitterrand lors de sa visite à Rennes-le-Château, le 2 mars 1981.

Rennes-le-Château est une commune française située dans le département de l’Aude, en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Le territoire communal est situé, historiquement, dans un ancien comté carolingien dénommé le Razès dont l’oppidum historique s’appelait « Rhedae » et qui semble avoir été constitué à l’emplacement même du bourg central de Rennes-le-Château. En outre, ce territoire est situé géographiquement dans le massif des Corbières, plus précisément dans sa partie occidentale, non loin du point culminant de ce massif, le Pic de Bugarach.

La petite commune de Rennes-le-Château a notamment été rendue célèbre par l’un de ses curés ayant vécu dans la paroisse à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, l’abbé Bérenger Saunière. De nombreuses théories laissent entendre qu’il y aurait trouvé un trésor en 1885, sans que l’origine et la nature exactes en soient connues. En raison de cette anecdote, enjolivée par de nombreux récits de fiction, des récits d’enquêtes de niveaux divers et même de nombreux articles de presse et de reportages de télévision, autant d’origine française qu’étrangère, la commune de Rennes-le-Château a acquis une renommée internationale, notamment en Europe et dans les pays anglo-saxons.

Plus prosaïquement, l’Abbé Saunière subira une suspense a divinis au cours de l’enquête pour trafic de messes effectué contre lui par la hiérarchie religieuse, punition grave pour un prêtre en exercice à cette époque. L’abbé aura, d’ailleurs, toujours du mal à s’expliquer, refusant de donner à sa hiérarchie des justifications claires et détaillées sur l’origine de sa supposée fortune.

Conséquence d’une si grande notoriété pour un si petit village, un afflux de touristes de plus en plus conséquent a pu être constaté depuis la fin des années 1960 dans une région déjà très riche en sites historiques et préhistoriques. À cette occasion, le maire et le conseil municipal ont pris la décision de consacrer un petit musée à l’abbé et à sa servante sur les lieux même de cette histoire, au cœur du petit bourg de Rennes-le-Château.

L’abbé Saunière et son « trésor »

L'abbé Saunière

L’abbé Saunière

Officiellement nommé le 22 mai 1885, l’abbé Saunière arrive en juin 1885 pour officier dans le petit village de Rennes-le-Château, déjà durement touché par l’exode rural qui frappe toute la région des Hautes Corbières. En effet, en moins de 60 ans, Rennes-le-Château a déjà perdu la moitié de sa population.

Après avoir été quelques mois suspendu de sa cure par René Goblet, ministre des Cultes du Gouvernement Charles de Freycinet, pour ses opinions politiques antirépublicaines déclarées en chaire, l’abbé Saunière décidera, à son retour, d’entreprendre des travaux de rénovation dans son église en 1891. Durant ces travaux, certaines rumeurs, pour la plupart émises bien plus tard, avancent l’hypothèse qu’il aurait découvert un trésor. La légende indique aussi qu’il aurait trouvé de mystérieux parchemins.

La nature de ses hypothétiques découvertes et l’origine de sa probable fortune sont le sujet de nombreuses thèses à l’origine de la légende du trésor de Rennes-le-Château.

Les pistes les plus fréquemment évoquées, pour tenter de justifier cette découverte mythique, sont :

  • Le trésor des Volques tectosages, datant de l’époque romaine. Ce trésor proviendrait de l’hypothétique pillage du sanctuaire d’Apollon de Delphes, lors de la Grande expédition celtique (279 av. J.-C.) en Grèce.
  • Le trésor des Wisigoths (ou Trésor de Jérusalem), déposé dans la région de Rhedae, après le Sac de Rome (455) par le roi Alaric Ier.
  • Le trésor de Blanche de Castille, à la suite de la Croisade des pastoureaux en 1251, survenue sous le règne de son fils Louis IX.
  • Le trésor des Templiers, à la suite du Procès de l’Ordre du Temple effectué contre cette communauté religieuse par Philippe IV Le Bel entre 1307 et 1314.
  • Le trésor des faux monnayeurs du château du Bézu, affaire datant du XIVe siècle (hypothèse historique subtile, mais qu’il est très difficile de démontrer par manque de sources historiques).
  • Le trésor des Cathares. Un récit historique attesterait que lors la prise du château de Montségur par les croisés en 1244, quatre Cathares s’en seraient échappés avec un trésor.
  • Le trésor de l’abbé Bigou, datant de la Révolution française.

Les seuls faits avérés suggèrent plus prosaïquement des faits de pillage de tombes du cimetière (relatés de façon romancée dans le téléfilm L’Or du diable), de détournements de fonds et de trafic de messes (pour lesquels l’homme d’église a effectivement été condamné par l’évêché) ; d’autant que les éléments factuels sur l’existence même d’une fortune restent, jusqu’à présent, très controversés. En mars 1895, les habitants du village avaient envoyé deux lettres de protestation au préfet de Département de l’Aude, après les dégradations nocturnes opérées par leur curé dans le cimetière de la commune.

Peu de temps avant la fin du siècle, Félix Arsène Billard, évêque de Carcassonne depuis 1881, rendit visite à Rennes-le-Château, et cela à deux reprises : tout d’abord en visite épiscopale le 1er juillet 1889, puis le 6 juin 1897, lors de l’inauguration de l’église restaurée. Ces faits ne sont pas extraordinaires en eux-mêmes, mais il est à noter que Mgr Billard a souvent été présenté comme le protecteur de Bérenger Saunière, sur la base que celui-ci fut nommé autrefois, professeur au séminaire de Narbonne par ce même évêque.

Il est d’ailleurs attesté historiquement que l’abbé ne fut accusé par l’Église de trafic de messes et de simonie, que bien après le décès de Mgr Billard. Le successeur de celui-ci, Mgr Paul-Félix Beuvain de Beauséjour (1839-1930), nouvel évêque de Carcassonne, lui intentera d’ailleurs, en 1910, un procès canonique qui entraînera la déchéance des fonctions sacerdotales de Bérenger Saunière en 1911. Dès cette période, Bérenger Saunière connut des difficultés financières qui le pousseront, en 1913 à contracter un prêt auprès du Crédit foncier.

L’abbé Saunière se lance, au début de l’année 1901, dans la construction de plusieurs bâtiments sur des parcelles achetées au nom de sa servante Marie Dénarnaud. Ces bâtiments sont une petite maison de style renaissance, dénommée Villa Béthanie (transformée aujourd’hui en musée), puis une tour néogothique, dénommée tour Magdala, dotée d’un belvédère (ou terrasse) qui la relie à une construction en verre, avec un parc et un jardin.

À la mort de l’abbé, survenue le 22 janvier 1917, sa servante Marie Dénarnaud hérite de ses biens (en majorité du mobilier et des objets personnels, car la servante fut dès l’origine, la seule propriétaire des terrains et des bâtiments du domaine), notamment de sa Villa Bethania qu’elle finira par céder à l’homme d’affaires perpignanais Noël Corbu, en échange de ce qui s’apparente à une rente viagère annuelle.

Panorama sur la région historique du Razès depuis le bourg central de Rennes-Le-Château en direction de l'ouest (panorama pris depuis la tour Magdala, située dans le domaine historique de l'abbé Saunière, transformée en musée par le conseil municipal).

Panorama sur la région historique du Razès depuis le bourg central de Rennes-Le-Château en direction de l’ouest (panorama pris depuis la tour Magdala, située dans le domaine historique de l’abbé Saunière, transformée en musée par le conseil municipal).

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RÉFÉRENCES :

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À propos de Guy Boulianne

Guy Boulianne, auteur et éditeur. Ce dernier a réalisé une quête personnelle, historique, généalogique et symbolique. Il en dévoilera prochainement la teneur dans la rédaction d'ouvrages à paraître.

Publié le 6 février 2016, dans Actualités, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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